Aujourd'hui, tous les espaces semblent rationnellement organisés par l’homme. L’uniformisation des modes de consommation, des modes de déplacement, et, d’une certaine façon du temps, a produit des espaces urbains standardisés, universellement reconnaissables par leur fonction. Le passage d’une économie fragmentée et localisée à une économie mondiale, a également bouleversé profondément les repères qui permettaient de distinguer l’espace urbain de l’espace rural : si autrefois ces deux mondes semblaient juxtaposés, aujourd’hui, ils se trouvent imbriqués dans un faisceau de relations complexes (transactions marchandes, déplacements de populations, pratiques touristiques…) qui gomment les frontières spatiales et induit une réorganisation des territoires. Dans les sociétés fortement industrialisées, la nature domestiquée est appréhendable par de multiples systèmes de quadrillage (cadastres, plans de développement et d’aménagement, plans de déplacement…) qui sous – tendent des pratiques et des modes de vie semblables pour tous.

“Akichi” signifie en japonais terrain vide, terrain vague, terrain inoccupé. C’est un espace libre sans fin. Le paysage marginal, ou les coulisses urbaines, plutôt que la scène principale… Cet envers du décor, par des détails révélateurs, renvoie à un état politique et social du paysage. Ce sont des paysages qui ne s’imposent pas aux regards mais j’essaye de questionner à travers mon travail.

Satoru Toma